Nos bulletins
Visites
18274 visiteurs 7 visiteurs en ligne |
Le comité consultatif d'éco-quartier - 001 - ZAC OU ECOQUARTIER...PRESERVONS LE SITE DE "SAINT URBAIN"
PRESERVONS LE MILIEU NATUREL DU SITE EN SAINT URBAIN Voici les principaux extraits d'une étude d'un expert en diagnostics écologiques et préservation du milieu naturel. " Titulaire d'un DESS en écologie et possédant 3 ans d'expérience dans la réalisation de diagnostics écologiques et la préservation du milieu naturel, en tant qu'expert en environnement je souhaite m'attarder sur le patrimoine naturel. Il s'agit de juger de manière objective l'étude menée sur le sujet par la SEMAAD sur l'impact et les mesures compensatoires préconisées.
Je souhaite ici préciser que les milieux en présence qui vont être détruits par l'urbanisation en SAINT URBAIN sont des milieux tout à fait intéressants du point de vue écologique, très souvent sous-estimés. La zone est en efftre constituée d'une mosaîque de vieux vergers à haute tige, de jardins potagers, de petites zones cultivées, de prairies, de friches, de puits et d'une mare. C'est un véritable îlot de biodiversité aux portes d'un environnement urbain : - 1 - Une diversité de milieux La diversité de milieux y est tout à fait exemplaire, et nous retrouvons ici le "paysage rural" tel qu'il était autour de tous les villages français. Malheureusement, la proximité de l'environnement urbain fait que ces milieux, considérés comme banaux, ne bénéficient d'aucune protection ni même de reconnaissance et sont les premiers à être touchés par l'urbanisation. Ainsi, de milieux pouvant être qualifiés de courants il y a une cinquantaine d'années, sont maintenant devenus rares (surtout aussi proche d'une grande agglomération comme Dijon). Ils continueront d'ailleurs à se raréfier puisque, comme le montre ce projet, la dynamique actuelle ne semble pas en leur faveur. Où est ici le concept de développement durable ? - 2 - La faune Les milieux en présence, comme ler vergers, bien représentés sur la zone, peuvent accueillir une faune diversifiée, parfois rare et menacée. Il s'agit de chauve-souris ou d'oiseaux cavernicoles qui "gîtent" dans les arbres creux (rouge-queue à front blanc, huppe fasciée, chouette chevêche, torcol). Ces derniers oiseaux inféodés à ces zones de vergers sont devenus très rares et à ce titre possèdent une forte valeur patrimoniale : pour les préserver, il faut préserver leurs habitats ! Ces oiseaux ne trouveront pas un milieux de substitution dans les zones pavillonnaires et les haies de thuyas qui vont remplacer leurs habitats actuels. Ils ne vont pas non plus se déplacer à quelques mètres ou centaines de mètres de là puisque de telles zones ne sont plus légion dans les espaces alentours eu égard à l'expansion urbaine et à l'intensification de l'agriculture... et le seront de moins en moins comme nous l'avons vu. Avec la perte de leur habitat, ces espèces sont vouées à disparaître... L'intérêt de la zone réside aussi, pour la faune en particulier, dans la diversité des milieux en présence où ils peuvent trouver gîte et couvert : il s'agit de milieux semi-ouverts (type d'habitats se faisant de plus en plus rare dans nos contrées) colonisés ici par le faucon crécerelle, le bruant jaune et zizi, les fauvettes grisette, à tête noire, babillarde, les mésanges à longue queue, les verdiers... - 3 - La flore Concernant la flore, j'ai moi-même, entre autres, pu observer sur la zone de nombreuses orchidées colonisant les sols secs et peu épais (citons par exemple l'Orchis pyramidal). Ces fleurs sont loin d'être communes, encore une fois, ces espèces ne pousseront plus dans la terre importée et semée de pelouses des jardins d'agrément. De "nature rurale" nous passerons ainsi à la "nature urbaine", bien moins riche et cette fois vraiment banale... - 4 - La mare J'aimerais signaler un autre élément du paysage qui n'a pas été pris en compte dans les chapitres concernant le patrimoine naturel : il s'agit dela mare située sur la zone concernée. Ce milieu naturel est tout à fait intéressant du point de vue de la biodiversité qu'il abrite. J'ai pu moi-même y mener quelques inventaires : libellules diverses, grenouilles et tritons... Aucune mention de ce patrimoine n'est versée au dossier ! Il s'agit de plus d'une mare à characées , alimentée par une source souterraine. C'est un habitat communautaire au sens de la directive européenne "Habitats, faune, flore". La mare fait partie des 13 grands types de zones humides dans la typologie SDAGE (Shéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) de l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse. Ce milieu, tout à fait caractéristique du paysage rural tend lui aussi à disparaître (suivant les régions, 30 à 70 % des mares ont disparu depuis 1950) et pour les conserver, de nombreuses régions, départements, collectivité ou communes se dotent de programmes de préservation de ces écosystèmes. En plus d'être un "hot-spot" de biodiversité, ce sont des milieux tout à fait propices à la sensibilisation et à l'éducation à l'environnement, d'autant plus quand ils sont situés en contexte péri-urbain comme ici. Aussi, même si le projet ne prévoit pas le comblement de la mare, je doute que sa préservation soit assurée en raison de l'urbanisation programmée du secteur. Dans ces conditions, aucune mesure compensatoire concernant le patrimoine naturel n'a été bien sûr préconisé. Au regard des éléments exposés ci-dessus, force est de reconnaître que cette zone est à classer en zone naturelle à préserver, de part son intérêt naturel écologique et la potentialité pédagogique qu'elle représente aux portes de Dijon. Ainsi, en tant qu'expert en écologie, si j'avais eu à me prononcer, j'aurais préconisé la mise en place de vergers "conservatoire" et de parcours pédagogiques (avec l'aide d'une association de pomologie par exemple), la préservation de la mare et pourquoi pas sa valorisation en terme d'éducation à l'environnement. Et si j'avais du choisir une zone à urbaniser, ça n'aurait certainement pas été celle-là qui apparaît être une des zones les plus intéressantes aux alentours de Marsannay-La-Côte. Si malgré cela le projet est maintenu, la mise en place de mesures compensatoires adéquates en partenariat avec un organisme gestionnaire d'espaces naturels s'impose : - préservation des zones de vergers, et si l'une d'elles est tout de même touchée création d'un verger compensatoire dans un environnement proche avec les mêmes variétés d'arbres, variétés sans doute anciennes et faisant partie d'un patrimoine à conserver pour les générations futures (réalisation de greffes), - une véritable trame verte dans la zone avec constitution de réseaux continus de jardins et de haies avec essences locales (et par exemple interdication du thuya, hérésie en terme de biodiversité), - un périmètre de préservation du milieu naturel sans urbanisation d'au moins 50 m de rayon autour de la mare pour en préserver autant que possible son intégrité en terme d'alimentation en eau, mais aussi pour la faune (les libellules utilisent les milieux annexes pour se nourrir, les amphibiens pour hiverner). Pour que ce projet s'inscrive dans une vraie politique de développement durable, pour que l'urbanisation raisonnée ne soit pas un vain mot et pour que le patrimoine naturel trouve ici sa reconnaissance et sa préservation, je demande à tous les décideurs concernés de bien vouloir prendre en compte mes considérations". - Date de création : 18/05/2009 @ 12:28 | Calendrier
|

Actualité du Conseil municipal
Haut